Anxiété et angoisse : comprendre ce fléau silencieux, s'en sortir. Fait vécu
L’anxiété fait mal en dedans, crée un inconfort. L’angoisse est plus sévère. Et pourtant, on en parle encore trop peu. Pas seulement au travail, mais dans la vie en général.
Juste avant d'aller plus loin, je veux préciser que j'ai tout vécu ce que je décris ci-dessous et je m'en suis sortie. Donc., voyez le contenu comme informatif pour comprendre ce qui se passe s'il y a lieu, et aller chercher de l'aide au besoin. Mais les prises de conscience aident souvent en mettant des mots qui font du bien et aident à s'élever au-dessus de la situation.
Différence entre anxiété et angoisse
L’anxiété est un état d’inquiétude diffuse. Elle peut s’installer dans le quotidien, durer dans le temps et rester relativement gérable, même si elle fatigue et use à long terme.
L’angoisse, elle, se manifeste sous forme de crise soudaine et intense. Elle survient rapidement, parfois sans avertissement clair, avec une montée brutale de peur. Elle peut aller jusqu’à l’attaque de panique dans un pic.
Les manifestations de l’angoisse sont beaucoup plus fortes et physiques que celles de l’anxiété :
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oppression à la poitrine
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sensation d’étouffer
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boule dans la gorge ou l’estomac
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tremblements, vertiges
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sueurs froides
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cœur qui s’emballe
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impression d’irréalité
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perte de contrôle
Pendant une crise d’angoisse, la personne peut se sentir paralysée, dépassée, incapable de reprendre le contrôle. L’intensité des sensations peut même amplifier la peur elle-même.
La grande différence repose donc sur l’intensité et la soudaineté :
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L’anxiété est un état de fond, plus latent.
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L’angoisse est un choc aigu, envahissant et spectaculaire.
Même si l’anxiété semble parfois « supportable », elle mérite aussi d’être prise au sérieux. Dans les deux cas, ce sont des signaux qu’il est temps de prendre soin de soi.
On en voit dans toutes les sphères sociales et de plus en plus
Dans nos familles, dans nos relations, chez les personnes performantes, chez les parents dévoués, chez les professionnels engagés. L’anxiété ne choisit pas un statut ni un niveau de compétence. Elle s’installe doucement, souvent derrière une façade solide et fonctionnelle.
Je l’observe depuis plus de trente ans au fil de mes interventions en entreprise, dans les milieux de la santé, de l’éducation, de l’industrie et du secteur financier et autres. Et je l’ai traversée moi-même.
À une période de ma vie, j’ai dû m’arrêter complètement pendant plusieurs mois. Mon corps était épuisé, amaigri, vidé de son énergie.
Lorsque le système nerveux reste trop longtemps en état d’alerte, il finit par s’effondrer.
On parle beaucoup de performance, d’organisation, de gestion du temps. On parle beaucoup moins de régulation du système nerveux et de prévention de l’épuisement. Pourtant, c’est là que tout commence.
Il existe une forme de retenue autour de l’anxiété et de l’angoisse. Comme si mettre des mots sur ce que l’on vit risquait de fragiliser notre image ou notre crédibilité. Alors on continue. On se pousse. On dépasse ses limites en silence. On veut être professionnel, solide, fiable. On veut être un bon parent, un partenaire présent, une personne forte sur qui l’on peut compter. Mais le corps, lui, enregistre tout.
Lorsqu’une situation devient tendue ou qu’une conversation redoutée approche, l’inconfort monte progressivement. Les épaules se crispent, la respiration se modifie, le sommeil devient plus léger. L’irritabilité s’installe sans que l’on comprenne toujours pourquoi. Même si l’on tente de rester rationnel, le système nerveux fonctionne en arrière-plan et interprète certaines situations comme des menaces. Il active alors des mécanismes de protection qui, à la longue, deviennent épuisants.
Très souvent, pour continuer à fonctionner, nous adoptons des stratégies d’évitement.
- nous reportons certaines discussions,
- nous minimisons ce que nous ressentons,
- nous compensons en travaillant davantage
- ou en prenant soin de tout le monde autour de nous avant de nous occuper de nous-mêmes.
Sur le moment, cela donne l’impression que nous gardons le contrôle. En profondeur, toutefois, le message envoyé à notre cerveau est que nos émotions sont dangereuses et qu’il vaut mieux les fuir.
Plus l’évitement s’installe, plus l’anxiété prend de l’espace. L’angoisse devient plus fréquente, la fatigue émotionnelle s’accumule et le risque d’épuisement augmente. Ce que nous refusons d’écouter finit souvent par se manifester autrement, parfois à travers le corps.
L’anxiété n’est pas un défaut de caractère. Elle est bien souvent le signal qu’une limite a été dépassée, qu’un besoin demeure insatisfait ou qu’un conflit intérieur persiste trop longtemps. Elle peut révéler une surcharge, un déséquilibre entre ce que nous donnons et ce que nous recevons, ou encore un sentiment d’insécurité que nous avons appris à taire.
Il arrive aussi que certaines personnes tentent d’apaiser cette tension intérieure par des comportements compensatoires.
Derrière certaines dépendances (affective, alcool, drogue, hyper sexualisation...) se cache parfois une souffrance qui cherche à s’anesthésier, un sentiment de rejet profond.
Lorsque le système nerveux reste en état d’hypervigilance, l’être humain cherche instinctivement un soulagement. Cela ne relève pas d’un manque de volonté, mais d’un besoin de faire diminuer une tension devenue trop intense.
Reconnaître l’anxiété comme un signal humain plutôt que comme une faiblesse change profondément la perspective. Cela permet d’entrer dans une démarche de régulation émotionnelle plutôt que de lutte contre soi-même.

En entreprise comme dans la vie en générale, je rencontre de nombreuses personnes qui fonctionnent quotidiennement avec un système nerveux sous tension. Elles accomplissent leurs responsabilités, prennent soin des autres, respectent leurs engagements, mais vivent intérieurement une fatigue mentale, physique et émotionnelle qu’elles n’osent pas nommer.
Cette réalité silencieuse contribue largement aux problématiques de santé psychologique que nous observons aujourd’hui.
La prévention de l’épuisement ne commence pas uniquement par une meilleure gestion de l’agenda. Elle commence par la capacité à reconnaître ce qui se passe à l’intérieur de soi et par la possibilité d’en parler dans un espace sécuritaire.
Pouvoir dire que c’est difficile en ce moment, admettre que l’on a besoin d’apprendre à calmer son système nerveux et à traverser l’inconfort avec du soutien plutôt qu’en isolement, constitue déjà un pas immense vers l’équilibre.
Mettre des mots sur son malaise ne diminue en rien sa compétence ou sa valeur. Au contraire, cela témoigne d’une conscience de soi essentielle à la santé psychologique. C’est un acte de respect, d'amour envers soi-même et une manière responsable de prévenir l’épuisement avant que le corps ne nous impose l’arrêt.
Réguler son système nerveux, apprendre à reconnaître les signaux du stress et de l’angoisse, comprendre ses mécanismes internes et développer des outils pour retrouver un sentiment de sécurité intérieure sont des apprentissages fondamentaux dans notre société actuelle. Ce n’est pas une quête de perfection, mais un chemin vers plus de stabilité, de clarté et de sérénité.

L’anxiété et l’angoisse ne sont pas des ennemies à combattre. Elles sont souvent des messagères. Lorsqu’on accepte de les écouter avec bienveillance, elles peuvent devenir des indicateurs précieux pour ajuster notre rythme de vie, revoir certaines limites et prendre soin de notre santé psychologique avant que l’épuisement ne s’installe.
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Bonne découverte.
Line :-)