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Quand le « trop » prend trop de place : retrouver son équilibre et apaiser son système nerveux

Il y a des périodes dans la vie où, sans même nous en rendre compte, nous commençons à dépasser nos propres limites. Le travail prend plus de place, les responsabilités s’accumulent, le téléphone nous sollicite constamment et nous voulons continuer à bien faire malgré la fatigue.

Nous avançons, nous réglons des problèmes, nous répondons aux demandes et, extérieurement, tout semble tenir. Pourtant, intérieurement, la surcharge mentale peut commencer à s’installer et le système nerveux peut avoir de plus en plus de difficulté à retrouver un véritable état de calme.

Le problème n’est pas d’avoir des ambitions, de travailler fort ou de vivre certaines périodes plus exigeantes. Il apparaît lorsque cette façon de fonctionner devient notre normalité. Le corps reste tendu, la tête ne décroche plus vraiment et même les moments de repos sont remplis de pensées, de notifications ou de choses à prévoir.

Peu à peu, nous pouvons perdre cette qualité de présence qui nous permet d’être réellement disponibles à nous-mêmes et aux personnes que nous aimons.

Il est possible d’être assis à côté de nos enfants tout en ayant l’esprit ailleurs. De regarder notre téléphone pendant qu’un conjoint.e cherche notre attention. De terminer une journée de travail sans être capable de laisser le travail derrière nous. De continuer à accomplir énormément de choses tout en ressentant de moins en moins de plaisir à les vivre.

À force, nous pouvons presque fonctionner sur pilote automatique.

 

Nous ne sommes pas uniquement nos rôles

Le travail peut être une magnifique façon de se réaliser, de contribuer et d’utiliser nos talents. Le couple, la famille, nos projets et nos engagements peuvent aussi enrichir profondément notre existence. Mais nous ne sommes pas notre travail, notre couple, notre rôle de parent ou notre statut professionnel.

Nous sommes des êtres humains qui s’épanouissent à travers ces différentes sphères de vie.

Lorsque l’une d’elles prend presque une place démesurée, l’équilibre de vie peut se fragiliser. Nous pouvons tellement investir dans notre travail que notre famille reçoit ce qu’il reste de notre énergie.

Nous pouvons tellement chercher à répondre aux attentes des autres que nous ne savons plus très bien ce dont nous avons besoin. Nous pouvons vouloir tellement bien faire que le perfectionnisme finit par devenir une pression intérieure constante.

C’est souvent là que la relation à soi commence à s’appauvrir. On s’écoute moins. On repousse nos limites. On banalise notre fatigue. On continue parce qu’il « faut » continuer. Mais notre corps et notre système nerveux, eux, enregistrent tout.

 

Quand nos blessures émotionnelles nous poussent à en faire toujours plus

Ce besoin de dépasser continuellement nos limites peut aussi être relié à certaines blessures émotionnelles.

Dans mon article consacré aux cinq blessures émotionnelles et à leur influence sur nos relations et notre bien-être, ainsi que dans les podcasts associés, j’explique comment certaines expériences peuvent influencer notre façon d’aimer, de travailler, de nous protéger et de chercher notre valeur,mais nous engendrent beaucoup de lourdeurs.

Une personne très sensible au rejet peut, par exemple, chercher constamment à prouver qu’elle mérite sa place. Elle travaillera davantage, voudra être irréprochable ou évitera de déplaire pour ne pas revivre cette impression de ne pas être suffisamment importante ou reconnue. C'est épuisant.

La blessure d’injustice par exemple peut, elle, se manifester par une grande exigence envers soi ou un perfectionnisme très fort. La personne tient bon, se pousse au-delà de ses limites et a parfois beaucoup de difficulté à reconnaître qu’elle est fatiguée ou qu’elle aurait besoin d’aide. Elle se coupe du plaisir. Se justifie.

Ainsi, derrière le fait d’en faire toujours plus, il peut parfois y avoir beaucoup plus qu’une simple habitude de vie. 

  • On peut travailler davantage pour se rassurer sur sa valeur.
  • Donner énormément pour ne pas décevoir.
  • S’adapter constamment pour conserver l’amour ou l’approbation.
  • Se pousser à bout parce qu’on a appris qu’il fallait être fort.

Et à force de vivre ainsi, on peut finir par se perdre.

 

 

La surcharge du système nerveux finit aussi par affecter nos relations

Lorsque nous vivons continuellement sous tension, notre marge de manœuvre émotionnelle diminue.

Nous pouvons devenir plus impatients, plus facilement irritables ou avoir l’impression que tout nous demande un effort. Une petite contrariété prend davantage de place parce que notre espace intérieur est déjà rempli. Cela peut directement affecter nos relations.

Lorsque nous sommes reposés et plus centrés, nous avons davantage de recul. Nous pouvons écouter avant de répondre, poser une limite sans exploser et exprimer un désaccord sans attaquer.

C’est aussi là que les principes de la communication non violente prennent tout leur sens. Plus notre monde intérieur est paisible, plus nous sommes capables de reconnaître ce que nous ressentons, de comprendre nos besoins et de choisir une façon de les exprimer qui respecte à la fois l’autre et nous-mêmes. Monter le ton, vouloir avoir raison sur l'autre est une voie de dérive pour trouver des solutions.

Apaiser le système nerveux ne concerne donc pas uniquement notre bien-être personnel. Cela influence aussi notre façon d’aimer, de communiquer, de travailler, d'aller dans nos zones plus vulnérables avec humilité et de vivre avec les autres.

 

Quand la perte de sens commence à apparaître

Lorsque la surcharge se prolonge, certaines personnes finissent par ne plus savoir ce qui leur fait réellement du bien. Elles continuent de fonctionner, mais ressentent moins de joie. Le perfectionnisme peut prendre trop de place. 

Elles accomplissent beaucoup, mais ne ressentent plus la satisfaction qu’elles ressentaient auparavant.

Une fatigue plus profonde peut s’installer, accompagnée parfois d’une impression de vide, de découragement ou de perte de sens. Chez certaines personnes, cette détresse peut également s’accompagner de symptômes dépressifs.

C’est pourquoi il est important de ne pas attendre d’être complètement épuisé avant de se demander si quelque chose, dans notre vie, a pris trop de place ou si on s'est oublié pour ne pas déplaire, qu'on a été trop exigeant envers soi et plus.

Retrouver un meilleur équilibre ne signifie pas tout abandonner ni devenir moins ambitieux. Il s’agit plutôt d’apprendre à reconnaître le moment où notre façon de vivre commence à nous éloigner de nous-mêmes. On a besoin de préciser ce dont on a besoin dans l'ensemble des sphères de notre vie et si on est aligné en ce sens.

 

Retrouver le calme intérieur sans renoncer à ce qui nous tient à cœur

Parfois, rééquilibrer notre vie commence par de petites choses.

  • Fermer le téléphone pendant un repas.
  • Accepter qu’un travail soit suffisamment bien fait.
  • Ne pas remplir chaque minute disponible.
  • Sortir marcher sans toujours écouter ou regarder quelque chose.
  • Faire une pause avant de répondre lorsque l’on sent que la tension monte.
  • Poser une limite lorsqu’on réalise que l’on donne beaucoup plus que ce que l’on peut réellement offrir.

Il peut également être utile de se poser régulièrement une question très simple : est-ce que la façon dont je vis actuellement me ressemble encore? Accueillir l'expérience et s'ajuster au mieux, se faire aider au besoin.

Plus notre monde intérieur devient clair, plus nos décisions le deviennent aussi.

Nous sommes généralement plus efficaces lorsque notre énergie n’est pas constamment dispersée. Nous faisons de meilleurs choix, nous communiquons avec plus de recul et nous sommes davantage présents aux personnes que nous aimons.

Le calme intérieur n’est pas l’ennemi de la réussite. Il peut au contraire nous permettre de construire une vie beaucoup plus cohérente avec qui nous sommes.

Nous sommes faits pour nous réaliser, oui, mais pas au prix de nous perdre.

Notre travail, notre couple, notre famille, nos projets et nos rêves peuvent tous avoir une place importante dans notre existence, mais ils devraient pouvoir se développer autour d’un centre qui demeure solide : la relation que nous entretenons avec nous-mêmes.

Si vous sentez que certaines blessures émotionnelles peuvent expliquer votre tendance à trop donner, trop vous adapter, vouloir constamment bien faire ou dépasser vos limites, je vous invite à découvrir mon article sur les cinq blessures émotionnelles et leur influence sur nos relations et notre bien-être, ainsi que les podcasts associés à chacune des blessures sur cette même page.

Comprendre ce qui nous pousse intérieurement à toujours en faire davantage peut déjà nous aider à retrouver plus de liberté, de calme et d’équilibre. 

 

 

Pour aller plus loin

Si ce texte résonne en vous et que vous sentez qu’il est temps de retrouver davantage d’équilibre, de calme intérieur et de clarté, je vous invite à découvrir mes formations et mes livres. Liens ci-dessous.

J’y approfondis plusieurs des thèmes abordés ici : l’apaisement du système nerveux, les blessures émotionnelles, la relation à soi et aux autres, la dépendance affective, la joie de vivre, les limites, l’estime de soi et tout ce qui peut nous aider à sortir de certains automatismes pour retrouver une vie plus consciente et plus harmonieuse.

Mes formations vous permettent d’aller plus loin avec des explications, des prises de conscience et des outils concrets à intégrer dans votre quotidien. Mes livres, quant à eux, peuvent vous accompagner à votre rythme, selon ce que vous traversez actuellement.

Prenez le temps de choisir ce qui vous parle le plus. Parfois, un nouvel éclairage suffit pour commencer à voir autrement ce que l’on vit et remettre doucement plus de soi au centre de sa propre vie.

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