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Infirmière visiblement épuisée au poste de travail, illustrant la fatigue liée au stress chronique et à un système nerveux surchargé

Toujours sur les nerfs ? Ce n'est peut-être pas ce que tu penses. Ton système nerveux roule à fond depuis des années ?

Tu n'es pas fatigué(e) à cause de ton passé, mais parce que tu n'as jamais eu assez le temps de récupérer. Tu te sens à bout, même quand rien de grave ne se passe ? Voici pourquoi — et ce n'est probablement pas ce que tu penses.

Il y a de ces matins où tu ouvres les yeux et tu es déjà fatigué(e). Pas juste un peu endormi(e),  épuisé(e), comme si la nuit n'avait servi à rien.

Il y a de ces journées où tu sursautes pour un rien. Où une remarque anodine te reste collée dessus des heures. Où ton corps est tendu même quand, en apparence, tout va bien.

Et bien souvent, on se dit la même chose : « C'est sûrement à cause de ce que j'ai vécu. » On cherche l'événement, le moment précis qui expliquerait tout : une rupture, une perte, une année plus dure que les autres.

Mais si je te disais que ce n'est peut-être pas ça, le vrai problème ?

 

Ce n'est (presque) jamais un seul événement qui nous épuise

La réalité, c'est que cet état d'épuisement constant se construit rarement d'un seul coup. Il s'installe petit à petit, jour après jour, sans qu'on s'en rende vraiment compte.

Et ce qui fait toute la différence, ce n'est pas tant ce qui t'est arrivé. C'est ce qui s'est passé après. Est-ce que tu as eu, à un moment donné, la chance de vraiment souffler ? De te reposer pour vrai, pas juste dormir quelques heures entre deux obligations ?

Aujourd'hui, la plupart des gens que je côtoie ne sont pas épuisés à cause d'un seul choc. Ils le sont parce que leur vie ressemble à une accumulation sans fin de petites choses qui pèsent :

Un stress qui n'a jamais le temps de retomber avant que le suivant arrive.Un choc non résolu, un trauma où le  calme n'a pas pu revenir, la personne n'a pas eu assez de ressources.

La routine du matin qui commence déjà en courant. La boîte de courriels qui ne se vide jamais. Les enfants, le travail, les factures, les textos auxquels il faut répondre. Un jour après l'autre, sans vraie pause.

Ça ne veut pas dire que les moments difficiles de ton passé n'ont pas d'impact. Ils en ont, clairement. Mais leur poids dépend énormément de ce qui les entoure. Quand on a la chance de se reposer, de se sentir soutenu(e), de se sentir en sécurité encore et encore, le corps retrouve généralement le chemin du calme.

Et la sécurité, ce n'est pas juste une idée dans ta tête. C'est quelque chose que ton corps ressent, encore et encore, jusqu'à ce qu'il finisse par y croire.
 

Deux personnes, la même épreuve, deux chemins différents

Imagine deux personnes qui traversent une période difficile semblable.

La première se retrouve ensuite prise dans un quotidien qui ne lui laisse jamais vraiment de répit : toujours pressée, toujours sollicitée, jamais le temps de respirer. C'est là que l'épuisement s'installe pour de bon.

La deuxième vit la même épreuve, mais atterrit dans un entourage qui lui permet de se reposer, d'être entendue, soutenue. Même ébranlée, elle retrouve peu à peu son équilibre.

La différence, ce n'est donc pas juste la gravité de ce qui est arrivé. C'est ce qui se passe autour avant, pendant, et surtout après.

 

Le vrai coupable ? Un quotidien qui ne laisse jamais de pause

Ce que je vois le plus souvent, ce ne sont pas des gens épuisés par un seul grand drame, mais des gens qui n'ont tout simplement jamais eu droit à une vraie pause depuis très, très longtemps.

Le problème, ce n'est pas toujours « ce qui est arrivé ». C'est ce flot continu de petites tensions qui s'accumulent sans jamais vraiment se relâcher : les horaires trop chargés, les notifications qui n'arrêtent jamais, les rôles qu'on n'arrive jamais à déposer même une soirée, l'impossibilité de vraiment décrocher.

Les moments difficiles du passé peuvent avoir rendu les choses plus difficiles, avoir laissé une trace. Mais ce qui te garde épuisé(e) aujourd'hui, ce n'est souvent pas le souvenir lui-même. C'est l'absence de vrai repos qui a suivi, et qui continue encore maintenant.

 

Comment sortir de cet épuisement (sans avoir à retourner fouiller dans ton passé)

Si tu te reconnais dans tout ça, voici la bonne nouvelle : si cet état s'est construit petit à petit, il peut aussi se défaire petit à petit.

Ça ne veut pas dire qu'il faut nécessairement replonger dans ton histoire pour aller mieux. Ça veut dire qu'il faut commencer par se poser une question beaucoup plus simple, beaucoup plus accessible :

Qu'est-ce qui, dans ma vie de tous les jours, ne me laisse jamais vraiment la chance de récupérer ?

Le jour où ton corps commence enfin à se reposer pour vrai, tu n'es plus coincé(e) dans le même état d'alerte qui s'était installé au moment des événements difficiles. Ton corps n'est plus figé là-dedans.

C'est pour ça que je crois que retrouver du calme dans son corps, ça commence toujours par une chose simple : redonner à son système la chance de se reposer, avant même d'essayer de tout comprendre ou de tout régler.

Pas parce que ton passé n'a pas d'importance,  mais parce que c'est dans le présent que tu peux vraiment recommencer à respirer, à te retrouver, à faire le calme.

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